Maria au musée

Septembre 2007, le musée de Beaux-Arts d'Agen ferme ses portes à l'orée d'un chantier d'envergure : le déménagement de ses réserves.

30000 objets sont stockés dans les caves et les greniers des 4 hôtels particuliers qui constituent le musée. Des lieux souvent poussiéreux ou humides, peu conformes aux normes de sécurité et qui ne remplissent pas de bonnes conditions de conservation.

 

Durant 4 mois, le chantier de déménagement des objets vers un bâtiment acquis par la ville est réalisé par l'équipe du musée avec le soutien de programmateurs et de restaurateurs.

 

Un blog crée à l'occasion de ce chantier permet d'en suivre les étapes et de garder un lien avec le public.

 

Une exposition est programmée pour la réouverture du musée, le 27 janvier 2008. Elle est conçue par Frédérique Goussard, médiatrice culturelle et commissaire de l'exposition.

 

"Tout un monde à partager, tel est le souhait de cette exposition laboratoire ponctuée de nombreux rendez-vous avec les publics. Tout un monde à construire avec eux par le biais d'ateliers à destination des familles, des adultes et des scolaires, de conférences, d'ateliers laboratoires, d'apéro philo et littéraire. Une occasion unique d'explorer ensemble ce monde habituellement inaccessible aux regards et d'en expérimenter ses us et coutumes"

Extrait du dossier de presse

 

Dans cette perspective le musée des Beaux-Arts d'Agen me propose de sélectionner quelques objets dans les réserves et de porter sur eux un "certain  regard" pour créer une série de "petits dialogues avec objets".

 

Premier bonheur.

 

Celui de visiter les coulisses du musée.

Marianne Sanna, photographe toulousaine et moi-même nous laissons guider par Marie-Dominique Nivière, conservatrice du musée et par Frédérique Goussard.

Armoire, tiroirs, placards, boîtes, coffres et coffrets, malles, caisses, râteliers, casiers, armées d'un énorme trousseau de clés, de la cave au grenier nous explorons les 15 lieux dédiés aux réserves. Les tableaux sous les toits, les animaux empaillés sur les poutres, la pièce des horloges, celle des bustes, celle des armes, le lapidaire dans les caves, les oiseaux dans l'armoire, le cabinet des arts graphiques, les faïences sur les étagères, la réserve du Donjon etc.

 

Souvent notre petite expédition s'arrête pour admirer quelques broderies, la délicatesse d'un éventail ou le costume d'un samouraï, rire de l'expression d'une statue, soulever un papier de soie pour découvrir un trésor, écouter les explications passionnantes de Marie-Dominique ou de Frédérique, constater des trous dans les tableaux, pointer du doigt un poisson d'argent (insecte mange-œuvre), ouvrir une boîte pleine d'objets. Tiens une pirogue dans le cabinet des arts graphiques ! Et ce vélo dans le grenier.

 

 

 

Fin de la journée, nous repartons avec une kyrielle d'images dans la tête et de photos dans l'appareil.

 

Au travail.

 

Je ne vais pas m'étendre sur le pourquoi du comment ni décortiquer par le menu mon travail (j'en suis bien incapable). Ce que je peux dire c'est que tout est parti de cette pendule.


 

J'imagine la cavalière distribuant quelques minutes par-ci, quelques secondes par-là. C'est décidé je vais constituer une collection de temps : minute papillon, dernière heure, seconde d'éternité, temps perdu, heure d'été, heures d'hiver, minute de gloire…

 

Deuxième bonheur

 

Celui d'aller glaner les objets qui constitueront mes petits musées.

Dommage ce n'est pas la saison des vides greniers !

Ce n'est pas grave, j'ai découvert, dans ma ville, une brocante extrêmement bordélique (désolée d'employer ce langage familier, je ne vois pas d'autre expression qui pourrait mieux qualifier ce lieu)  où les objets forment des couches, des strates poussiéreuses, des tas de trucs, des piles de choses, des amoncellements qui vous tendent les bras.

Je m'y jette à corps perdu… 

Et je confectionne les petits musées.

 
Tout d'abord les boîtes qui sont faites de cageots récupérés, décortiqués et remontés.

 

Pour confectionner le petit musée "restauration" inspiré par les outils et le vocabulaire des restaurateurs, j'acquiers (pour une somme modique bien entendu) des outils rouillés, une malette de docteur (jouet d'enfant), des bobines de fil de fer, des plumes, quelques boîtes métalliques…

 


J'extirpe des tréfonds de mon atelier une boîte de photos de famille acquise au marché aux puces de Toulouse il y a (oulala !) au moins quinze ans. Quelques photos me serviront pour réaliser le petit musée inspiré par les médaillons et portraits.


C'est aussi le moment d'utiliser les galons et dentelles achetés avec Céline dans une vieille mercerie à Lézignan (tête de la vendeuse qui n'en revenait pas d'avoir vendu tout son stock…)

Toujours en contact avec Frédérique qui m'envoie des photos ou des indications sur la fonction ou l'origine des objets choisis, je réalise mes 10 petits musées.

Les voici à côté de l'objet qui les a inspirés.

Brûle-encens, anonyme, Asie, Bronze

 

 Pendule de cheminée, anonyme, France, 1er quart 19ème

 

Après plusieurs semaines d'installation l'exposition "Les réserves : tout un monde !" ouvre ses portes dimanche 27 janvier à l'Eglise des Jacobins à Agen. Conçue comme une histoire, elle permet au public de pénétrer au coeur des réserves à travers différents champs.
Un ensemble d'oeuvres issues des réserves est présenté dans un cabinet de curiosités, les belles photographies de Marianne Sanna témoignent des anciennes réserves, les principaux donateurs et fondateurs sont à l'honneur dans un espace qui leur est dédié, de même pour le chantier du déménagement et les nouvelles réserves.

Accrochés avec soin près de leur objet par Frédérique et l'équipe du musée, voici mes petits musées.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *